les demoiselles Anne-Gaelle HUON

Tout ce qu’on a appris sur l’amour en lisant : les Demoiselles d’Anne-Gaelle HUON

« Il n’y a que trois règles ici. La première : ne jamais tomber amoureuse. La deuxième : ne jamais voler l’homme d’une autre. La dernière : ne boire que du champagne millésimé. »

De ces trois règles, une seule pourtant serait respectée. »

Ce sont les premières lignes qui figurent au dos de ce livre. La couverture, déjà, avait attrapé mes yeux. Elle est vive, dynamique, joyeuse. Ces quelques phrases ont terminé de me convaincre, le livre était acheté, était mien, dans mes mains, dans mon sac, et je n’avais plus qu’une envie : me plonger dans ses lignes.

J’ai beaucoup appris, sur l’espadrille et sur le Pays Basque, mais aussi sur l’époque, la liberté nouvelle de la femme, et bien sûr, sur l’amour, sur le couple.

les demoiselles Anne-Gaelle HUON

Qu’ai-je appris ?

Qu’un cœur dans le passé ferme bien des portes

Rosa est amoureuse d’un jeune espagnol qui l’accompagne, avec tout un groupe, jusqu’au Pays Basque pour que les jeunes femmes puissent travailler l’espadrille le temps d’une saison. Miguel est beau, gentil, mais poursuit sa route jusqu’en Amérique latine pour faire fortune. Rosa sait qu’il reviendra et n’aura de cesse d’attendre son retour. Elle va ainsi fermer son cœur, à 15 ans et choisir une autre forme de liberté : décider de son style, de sa vie, et ne faisant rien en fonction des Hommes comme il était courant à l’époque. Elle ne verra pas l’amour s’approcher d’elle et gardera, du moins dans la première partie du roman, un pied vissé dans le passé.

Nous avons envie de secouer Rosa, de lui ouvrir les yeux sur ce qu’elle ne voit pas, sur ce qu’elle s’empêche de vivre. Nous comprenons par la suite qu’elle ne fait que grandir, apprendre, se protéger. Le passé ne l’a pas épargnée, elle refuse donc d’être blessée à nouveau par ce qui lui semble le plus dangereux : l’amour. Alors, elle se cache derrière cet amour utopique, idyllique, ce bel espagnol devenu américain. Attendre un retour incertain est une plutôt une belle cachette. On sent que l’amour n’est pas loin, qu’il va réussir à se faufiler et atteindre le corps et le cœur de Rosa.

En attendant, elle est comme qui dirait « bloquée ». En pause. En hibernation de l’amour. Le passé est un manteau chaud, doux. Le futur est froid, inconnu, incontrôlable. Qu’il est facile, et sain, de comprendre cet état d’esprit ! Il faut du courage pour sauter dans le vide, accepter un sourire, un baiser. Il faut savoir se donner, et Rosa ne sait pas faire. Elle va apprendre, dans cette maison des Demoiselles, et la vie lui semblera plus belle, plus grisante, plus folle, plus pétillante, comme les bulles de champagne qu’elle découvrira en même temps.

 

Que la vraie liberté est de pouvoir choisir l’amour

Nous avons la chance de vivre dans un pays où la liberté est reine. Cette liberté se vit différemment chez chacun de nous. Certains vont profiter de cette liberté pour voyager, n’importe quand, n’importe où. D’autres vont se jeter à corps perdus dans des histoires d’un soir, d’une après-midi aussi. Il y a  ceux qui décident de jouer leur vies aux cartes, aux paris, au hasard. Et puis il y a Rosa qui choisit sa liberté en coupant ses cheveux, en s’habillant d’un pantalon, dans une époque ou la femme est femme par la jupe qu’elle porte.

Il y a de nombreuses femmes dans ce livre, toutes différentes, toutes passionnantes, par leur différence justement. Elles sont libres. Mais toutes leurs libertés appartiennent à l’amour car elles sont amoureuses, tous les jours. Du passé, de la nouveauté, de la littérature russe, du champagne, de l’amour sensuel. Elles sont amoureuses car ont le cœur qui se soulève, les yeux qui pétillent, le corps qui vrille. Ce sont d’éternelles amoureuses, folles de l’amour finalement, mais moins des hommes.

C’est parce qu’elles ont, pour la plupart, trop aimé qu’elles préfèrent cacher leur cœur dans ce pays basque moins bondé que Paris, plus silencieux, paisible et protecteur. Les demoiselles profitent de cette liberté de pouvoir tout faire en aimant la vie, en se protégeant finalement des hommes, et du cœur.

Dans ce livre nous allons assister à des révélations qui vont les faire changer d’avis. Rosa se métamorphose au contact de l’amour. Quand elle accepte le fait d’aimer, c’est une toute autre vie qui s’offre à elle et qui va finir par convaincre sa bulle d’amies précieuses. Elles comprennent enfin que l’amour peut faire du bien, qu’il faut écouter son cœur et son corps pour comprendre qu’un amour est bon et peut changer les vies. Il n’y a pas de plus belle liberté que celle d’avancer, peut importe où, peut importe quand, mais soutenu par l’amour de quelqu’un.

Aujourd’hui nous pouvons choisir l’amour. Dans ce livre j’ai compris qu’il était une liberté magnifique, et que si nous choisissions d’aimer à chaque fois, le bon vaincra, toujours.

Livre les Demoiselles, d’Anne-Gaëlle HUON, Editeur le Livre de poche.