LE MOMENT MIROIR DU COUPLE JE SUIS UNE FILLE (SUPER) ORGANISÉE

Au cœur du couple : je suis une fille (super) organisée

Chaque mois, nous retrouverons un couple qui vit sous le même toit.

On assistera à un échange pensé, et non verbalisé, sur un sujet, une opinion, qu’ils ne partagent pas. Nous verrons ainsi comme il est possible de s’aimer sans pour autant tout partager, pensées comme idées !

Elle

J’ai toujours été une fille organisée. Il y a plein de moments où je m’organise: quand j’étends le linge, quand je range la vaisselle, quand je remplis le lave-vaisselle. Quand je suis occupée finalement. J’adore me coucher quand le linge est étendu. Je déteste quand je suis trop fatiguée pour le faire car cela implique que je vais démarrer la journée avec cet objectif en tête. Franchement il y a plus glamour comme premier objectif du jour ! Je parle de ménage et d’entretien de la maison, mais j’organise le reste de la même manière: les occupations font venir les autres, alors j’aime prévoir. Si je suis en train de commander une applique pour les toilettes: j’aime faire le tour de l’appartement et voir ce que je pourrais commander d’autre et je démarre une liste. J’ai un carnet de listes. Je fais des listes surtout parce que j’adore rayer ce que j’ai fait. Quelle satisfaction! Cela me détend tellement.

Je sais que j’ai besoin de m’organiser pour être totalement détendue. Je ne peux pas déjeuner par exemple si je n’ai pas terminé mon mail. Je ne peux pas parler des vacances de Noël si je ne sais pas où je vais à la Toussaint. Cela ne me paraît pourtant pas si compliqué mais je vois bien que Patrick ne fonctionne pas de cette manière. Nous sommes mariés depuis douze ans et nous avons deux façons de procéder complètement différentes.

J’ai besoin de m’organiser pour pouvoir me détendre et lui a besoin d’être détendu pour s’organiser. Je ne sais pas si la nuance est autant marquée chez les autres.

Souvent, Patrick m’appelle pour dîner, pour regarder un film. C’est lui qui donne le tempo car il sait que je suis toujours à droite et à gauche, à vaquer à mes occupations. Je viens le retrouver seulement quand tout est géré dans ma tête, cette to do-list permanente.

Alors, je peux le rejoindre. Je suis détendue, prête à passer une bonne soirée. Il faut que je l’ai décidé. C’est peut-être cette manie du contrôle qu’il faudrait que je travaille un peu. Je vais me le noter!

Lui 

Ah la voilà! Elle tombe à pic, les spaghetti sont prêtes. Où est le poivre? J’aimerais lui parler ce soir de notre week-end en amoureux. Tous les ans nous partons visiter une région que nous ne connaissons pas. Cette année j’aimerais partir en Alsace, j’ai repéré plein de trucs à faire, et même un hôtel. Elle va adorer. Hop, du vin, le pain, tout y est. Qu’est-ce que j’aime le week-end, on prend enfin le temps de tout.

Bon, ce n’était pas le bon moment. Elle me paraît bien occupée. Je m’étais pourtant dit qu’un voyage au menu c’était plutôt bien pensé! Elle m’a demandé qu’on en reparle plus tard, qu’il fallait d’abord qu’on gère les histoires de parents profs et qu’elle ait le temps de faire sa cure annuelle avant de penser à un voyage. Je ne vois pas trop le rapport mais j’ai pas du tout envie de rentrer en conflit ce soir. Le samedi n’est pas un jour de conflit. C’est peut-être un peu tôt pour penser à notre voyage de février. Nous sommes en août. Certes. Penser bretzel au lieu de cacahuètes. Certes. Mais je m’étais dit que ça lui ferait plaisir que je prenne un peu les devants.

Elle gère toujours tout. Parfois elle me fait penser à une cocotte minute. Prête à exploser. Je suis chaud moi pour récupérer de sa charge mentale! Il suffit de me le dire. Bien sûr, ce ne sera jamais aussi parfait que lorsqu’elle l’organise, mais cela aura le mérite de la détendre et faire que ce ne soit pas une corvée. Je me souviens d’une année où elle avait passé au moins deux mois à trouver le gîte parfait. Elle comparait tout. Je lui avait proposé de le faire, elle m’avait regardé fixement, bizarrement, comme si elle essayait d’imaginer si j’en étais capable. Je la connais, il en faut plus me vexer mais quand même. Il faut que j’essaie encore, j’y arriverai un jour. Mais en attendant, je ne sais pas comment faire passer mon Alsace. Elle est en train de me sourire. Elle lit dans ma tête. Elle vient de me dire que l’Alsace était une bonne idée ! Elle avait peut-être juste besoin de se poser avant de parler de vacances.

C’est vrai qu’elle a besoin de couper les choses. Leila fonctionne par pallier. Elle avance, elle coche. Elle atteint la marche suivante, elle coche. Ma femme est hyper organisée, et quand elle n’a pas décidée qu’elle était prête: rien ne peut se passer ! Ou bien je vais parler, mais elle me fera répéter l’heure d’après. Moi quand je suis en week-end, c’est le moment où j’arrive à m’organiser, à voir loin. Leila, elle, voit loin tout le temps.

Il y un truc qu’il ne faut pas que je refasse: faire une liste des activités à faire avec les enfants le week-end.

Ce matin j’ai vraiment cru que j’allais me prendre la théière dans la tronche.