Dans la peau de Marilyn Monroe amour

En tête à tête avec l’amour : Dans la peau de Marilyn Monroe

Marilyn Monroe était et restera une légende. Pin-up, modèle, actrice, égérie, fantasme, elle s’illustre à chaque fois et traverse depuis les âges. Beaucoup gardent d’elle une image volage et superficielle. D’autres gardent en mémoire la fameuse chanson d’anniversaire chantée par la blonde sulfureuse lors de l’anniversaire du président américaine Kennedy. C’était un 19 mai de l’année 1962. Marilyn Monroe s’élançait sur scène et entrait dans l’Histoire, à sa manière.

Tête à tête vous invite sur le canapé de l’actrice pour découvrir l’histoire sous un autre jour : celui de l’amour.

Les propos sont romancés mais s’inspirent d’interviews, d’articles d’époque, de lettres de Marilyn Monroe.   

«  J’ai rencontré John en 54, à l’époque il n’était pas président. Je venais enfin de sortir de l’ombre avec « Niagara » et j’étais mariée à Joe, qui était tellement jaloux. Pourtant lors de cette fête, je n’ai fais que donner mon numéro à John. Il était si mignon, bronzé, dans sa chemise blanche. Ma robe était de la même couleur, j’y ai peut-être vu un signe. Il avait quelque chose de différent des autres hommes. Sa femme n’était pas là. Il en profitait. Il me regardait comme s’il voulait me manger. Cela  ne m’aurait pas dérangée. Joe ne voulait pas rester, il faisait la tête depuis notre retour de voyage de noces. Je crois qu’il ne supportait pas ma célébrité. Je lui en voulais de cela, j’avais travaillé si dur, je m’étais donnée. Tellement donnée. Si mal aussi. J’y étais cependant enfin arrivée. Ce n’était pas lui qui allait me freiner.

Ce jour là, j’ai cédé, j’ai suivi Joe pour rentrer. Je voulais éviter une scène, il y avait tant de monde. J’ai eu le temps d’attraper une flûte de champagne pour m’offrir une contenance. J’ai bu très vite, j’ai demandé à Joe d’aller la reposer et j’ai profité de cette toute petite minute pour ouvrir mon sac. Je préparais toujours des papiers avec mon numéro de téléphone. Ils étaient blancs, il y avait juste mon numéro et mes initiales. Je trouvais cela très élégant. Je ne sais pas si cela l’était vraiment. J’ai glissé un papier dans la poche de la chemise de John, j’ai même fait un clin d’œil, sans trop réfléchir, par habitude peut-être, pour marquer le coup surtout. Il a souri. J’ai su que j’étais perdue.

Nous nous sommes revus quelques mois après. Il revenait à Hollywood pour se placer en politique. Il dormait chez son ami Peter Lawford, à Malibu. Peter était sournois, je ne l’ai jamais apprécié. Il a toujours essayé d’éloigner John en lui présentant des actrices de bas étage. Mais John m’a appelée ce jour là, et non une autre. Il m’a invité à le rejoindre à Malibu. Je me souviens que ce jour-là, lors de son appel, Joe était en déplacement. Je ne sais plus où. Je ne l’écoutais plus guère.

J’ai entendu le sourire de John au téléphone, je vous assure, cela s’entend. En me préparant, je me souviens m’être dit que je n’avais encore jamais aimé un politicien, cela pouvait être différent. J’étais terriblement joyeuse. Légère aussi. C’est peut-être la dernière fois que j’ai été ainsi. Légère.

L’une de mes psychologues disait que c’était un dernier rempart d’enfance qui s’était effondré. Vous savez, le coup du prince charmant. Celui qui vous emmène sur son cheval, blanc, gris, noir peut importe, mais qui vous emmène pour ne plus vous quitter. Je savais que John aimait les femmes, mais j’ai pensé, un instant, quelques mois, qu’il m’aimerait plus encore.

Dans la peau de Marilyn Monroe

Nous nous sommes vus, toujours dans cette maison de Malibu, de nombreuses fois. Il n’y avait que Peter qui était présent, de temps en temps, pour nous ouvrir la maison et pour veiller à ce que nous ne soyons aperçus ensemble. John avait décidé de se présenter à la présidence des États-Unis. J’étais heureuse pour lui, il semblait ne plus toucher terre. Il n’avait plus le temps pour les femmes, il en gardait pour sa femme, et pour moi à Malibu. J’étais son soleil, me disait-il.

J’avais divorcé, j’étais libre comme le vent et pourtant j’étais triste. Avais-je fais une erreur en quittant Joe ? Je ne supportais plus ses crises. Je crois qu’il ne supportait plus mes choix. Il disait que j’étais bien trop dévêtue dans mes films. Que je buvais trop. Que mes psychologues n’étaient que des charlatans. Nos soirées n’étaient que cris. Alors je prenais d’autres pilules pour dormir, ne plus l’entendre. Je croyais encore que John viendrait m’enlever. Je m’endormais parfois en faisant la liste des choses que je pourrais changer dans ce pays si je devenais première dame. J’avais enfin ma porte de sortie, ne plus être ennuyée par tous ces hommes insistants, ne plus accepter des films pour des mauvaises raisons. John pouvait changer ma vie, m’entourer d’amour et de confiance. Mais il ne quittait pas sa femme. Je pleurais de le voir dans les magazines à ses côtés. Elle était trop pâle pour lui. Terne. Mais elle était là.

Je venais de boire une bouteille, seule chez moi, à remuer mes pensées, mes espoirs aussi. J’ai appelé John, je pleurais et pourtant il m’a raccroché au nez. Je me souviens d’avoir attrapé une bouteille, des pilules, la boite rose, et de rien d’autre. Le lendemain, c’est sa femme que j’ai voulu entendre. Je n’en pouvais plus. Je voulais lui faire peur, la faire partir, lui faire aussi mal que j’avais mal. Cela n’a pas marché. Elle ne semblait même pas étonnée de m’entendre. Ses mots ? « C’est fantastique Marilyn. Vous allez épouser John , je déménage et vous assumerez toutes les responsabilités d’une First Lady. Je vous laisse tous les problèmes qui vont avec ».

Ce sont ses mots. Je les ai notés juste après qu’elle ait raccroché. Elle avait un ton si dédaigneux, je savais bien qu’elle se moquait, et pourtant, j’y ai vu une lumière. Elle me laissait sa place. Enfin !

J’ai décidé de ne plus boire, de ne faire aucune vague pour que John soit fier et comprenne que j’étais prête, à mon tour. J’ai attendu qu’il m’appelle. En vain. Je n’ai pas voulu aller vers lui, je voulais lui laisser de l’espace, il avait besoin de temps pour s’organiser, pour nous projeter sur la scène publique.

C’est lorsque le Parti Démocrate m’a contacté pour m’inviter à l’anniversaire de John que j’ai compris qu’il n’appellerait plus. En temps normal, John m’aurait parlé de cet événement. Il m’aurait conseillé de me tenir à l’ombre, pour ne pas créer de scandale, pour « préserver notre histoire ».

Alors j’y suis allée. J’ai choisi la plus belle des robes. J’ai bu plus que de raison. J’ai mélangé les pilules. J’ai fais absolument tout ce qu’il ne fallait pas faire pour dire adieu à cet homme que j’aimais. Mon prince charmant, mon président, mon amant. L’homme de tous les possibles.