l arrivee dun premier enfant au sein dun couple

L’arrivée d’un premier enfant au sein d’un couple

Chaque mois, nous retrouverons un couple qui vit sous le même toit.

On assistera à un échange pensé, et non verbalisé, sur un sujet, une opinion, qu’ils ne partagent pas. Nous verrons ainsi comme il est possible de s’aimer sans pour autant tout partager, pensées comme idées !

Mon terme est dans trois semaines. Trois petites semaines. Cela me semblait très loin le mois dernier. Et puis nous y voilà, dernière ligne droite. J’espère que je vais y arriver.

J’étais encore au bureau le mois dernier, à courir partout et là, c’est comme si mon corps s’était mis en pause, pour accueillir mon bébé. J’ai plus envie de courir partout en fait. J’ai plus qu’une obsession : préparer ma valise, et la sienne.

Cette toute petite valise qui était dans un coin de ma chambre depuis de longues semaines. Désormais je ne vois qu’elle. Elle m’obsède. Je traîne sur internet pour trouver les meilleures listes de choses à mettre dedans, des petits body absolument craquants, des pulls en laine parce qu’il fait quand même froid en ce moment.

Sans le faire exprès j’ai acheté la même lessive que ma maman. J’étais au supermarché quand j’ai voulu sentir la lessive. J’ai ouvert tous les bidons. Vraiment tous. J’en ai senti un, j’ai compris que je pourrai plus m’en passer. C’était une odeur tellement réconfortante, j’avais envie de m’enrouler dans un plaid chaud et sentir cette odeur toute la vie. Je sais que c’est bizarre.

Mais depuis quelques temps j’ai compris que de toute manière, toute cette période était bizarre, je maîtrise plus grand-chose. Je m’écoute, enfin, je l’écoute lui. Ce petit être qui grandit dans mon corps. Je n’ai jamais les mendiants, vous savez ces chocolats ronds avec plein de trucs dessus.

Déjà le chocolat noir c’était pas ma tasse de thé, mais avec en plus des noix, des pistaches, des raisins secs, c’était l’angoisse. Et puis un jour, je traînais chez ma grand-mère (le terme traîner est parfaitement adapté à ce dernier mois de grossesse), je suis tombée dedans. J’avais soudainement faim, une énorme crampe au ventre. J’ai vu cette boîte qui semblait clignoter pour que je me dirige vers elle.

Quelle découverte !

Romain est allé depuis chez plein de chocolatiers pour m’en ramener. Je croule sous les mendiants, et l’idée même de rentrer à la maison est hâtée par la vision des boîtes. J’en ai mis trois dans ma valise de maternité.

Encore quelque chose que je n’ai pas vu venir ! Ça relève quand même de la magie, ce corps qui change, qui porte la vie, et la tête qui change aussi. Je sais bien que j’ai changé, en l’espace de quelques semaines. Mon bébé n’est pas encore arrivé, mais toutes mes priorités ont changé.

Je passais mon temps dehors, à m’occuper, à courir, à être dans les magasins. Maintenant je n’aspire qu’à être chez moi, avec le petit linge du bébé qui sent si bon, mes mendiants, mes pensées. Je divague, je m’inquiète, j’appelle Romain, je dors, je pleure devant des films, j’appelle ma maman, ma grand-mère aussi. Je trouve que la vie est belle et qu’elle va l’être encore plus dans quelques jours. J’ai hâte.

Lui

Deux semaines. Dans deux semaines je vais être papa. J’ai un compte à rebours sur mon téléphone, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée ce compte à rebours. Je crois que ça me stresse. J’ai mon application liste de sortie. Depuis que Capucine est en congé maternité, je fais les courses. Je passe mon temps à oublier des trucs qui semblent avoir pourtant une importance capitale. Je ne dis rien parce que j’ai pas envie qu’elle s’énerve. Elle est tellement à fleur de peau. Je sais que c’est normal, j’ai lu plein d’articles dessus. J’avais déjà fais des recherches au début de sa grossesse, elle avait pleuré sur un trottoir parce que j’avais pas pris ses gants et que je ne pensais jamais à elle. j’avais pas compris. C’est comme ça qu’est venue ma première recherche sur Google, je m’en souviens c’était : « femme bizarre grossesse « . Et j’avais pu découvrir, non sans terreur, ce fameux dossier des hormones. Franchement, c’est con mais je brieferai mon fils plus tard. C’est pas un truc à prendre à la légère. c’est violent les hormones ! Je ne sais pas pourquoi on nous en parle pas. c’est dangereux quand même ! On file se jeter joyeusement dans l’inconnu, si on peut s’aider un peu c’est bien ! J’ai envie d’être un bon papa, et j’ai envie que Capucine soit rassurée avec moi. c’est ma petite manière de participer à cette grossesse, je me renseigne, je parle avec elle de ses émotions et je peux vous dire que c’est un autre monde, je lui achète des chocolats. Là aussi y’a un délire. Capucine n’a jamais aimé le chocolat, ça m’a toujours fait délirer. Et là je me retrouve à faire tous les chocolatiers pour trouver le meilleur mendiant de Paris. j’ai une liste si vous voulez. Elle a donné une note à chacun.